Pilier conformité · publié le 9 août 2026

Data room et RGPD
hébergement, DPA et sous-traitants.

Ce guide explique ce que le RGPD impose concrètement à une data room en 2026 : hébergement dans l'EEE ou CCT, accord de traitement des données (DPA) signé avant tout dépôt de document, et liste des sous-traitants vérifiable.

Août 2026Conformité RGPDIndépendant
§ 01 · Réponse directe

Une data room conforme au RGPD, en une phrase

Une data room est conforme au RGPD dès lors qu'elle s'appuie sur un accord de traitement des données (DPA) selon l'article 28 du RGPD, que les données sont hébergées dans l'Espace économique européen ou sécurisées par des clauses contractuelles types, et que les sous-traitants sont explicitement listés et validés.

En pratique, cette conformité repose sur trois vérifications concrètes avant d'ouvrir la première salle : le fournisseur propose-t-il un DPA signable ? Ses serveurs sont-ils dans l'EEE ? Sa liste de sous-traitants est-elle publique et à jour ? Ce guide détaille chacun de ces points et explique comment les évaluer lors du choix d'un fournisseur.

§ 02 · Exigences réglementaires

Ce que le RGPD exige d'une data room

Une data room stocke et distribue des données à caractère personnel dès lors qu'elle contient des documents impliquant des personnes physiques : états civils dans un pacte d'actionnaires, bulletins de paie dans un audit des ressources humaines, données clients dans un dossier de vente. À ce titre, son exploitant est qualifié de sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD, et le responsable du traitement (votre organisation) est tenu de conclure un contrat de traitement des données (le DPA) avant tout chargement de document.

Le RGPD impose quatre obligations fondamentales à ce contrat de sous-traitance. Premièrement, le traitement doit poursuivre une finalité précise et licite : due diligence dans le cadre d'une acquisition, partage sécurisé dans le cadre d'une levée de fonds. Deuxièmement, les données à caractère personnel ne peuvent être traitées que sur instruction documentée du responsable du traitement. Troisièmement, le fournisseur doit s'engager à ne pas recourir à un autre sous-traitant sans autorisation préalable. Quatrièmement, il doit garantir la suppression ou la restitution des données à l'issue du contrat.

Enfin, le RGPD pose une règle de résidence : les données personnelles ne peuvent être transférées vers un pays hors de l'Espace économique européen que si un mécanisme de transfert adéquat est en place, soit une décision d'adéquation de la Commission, soit des clauses contractuelles types (CCT). En l'absence de ce mécanisme, héberger une data room sur des serveurs américains ou asiatiques expose l'organisation à des sanctions RGPD, indépendamment des autres précautions prises.

§ 03 · Hébergement et résidence des données

Hébergement France ou UE : quelle différence pour le RGPD ?

Un hébergement en France présente un avantage de simplification juridique : les données ne quittent jamais le territoire national, la chaîne de sous-traitance reste soumise au droit français, et les organisations qui doivent justifier leur conformité en interne (comité d'audit, délégué à la protection des données, assureur cyber) disposent d'un argument immédiatement recevable. C'est l'atout principal d'Oodrive et de Docaposte, dont les centres de données sont implantés sur le sol français et qualifiés SecNumCloud par l'ANSSI.

Un hébergement dans un autre État membre de l'EEE (Allemagne, Irlande, Pays-Bas) est juridiquement équivalent au regard du RGPD. Le règlement s'applique uniformément dans les 27 États membres, et un fournisseur hébergé à Francfort ou à Dublin est soumis aux mêmes obligations qu'un fournisseur parisien. La différence est pratique, non juridique : les équipes françaises peuvent trouver plus commode de travailler avec un acteur dont le support et la documentation sont intégralement en français, mais la résidence allemande ne crée pas de risque RGPD en soi.

En revanche, un hébergement aux Etats-Unis, en Inde ou dans tout autre pays hors EEE sans décision d'adéquation exige la mise en place de CCT valides et, depuis l'arrêt Schrems II de la Cour de justice de l'Union européenne, d'une analyse d'impact sur le transfert (TIA). En pratique, cela signifie que vous devez évaluer si le droit du pays d'hébergement permet à ses autorités d'accéder aux données malgré les CCT. Pour les équipes qui n'ont pas les ressources juridiques d'une grande banque d'affaires, choisir un fournisseur dont l'infrastructure est intégralement dans l'EEE est le moyen le plus simple d'éviter cette complexité.

§ 04 · Accord de traitement des données

Le DPA : ce qu'il doit contenir

L'article 28 du RGPD fixe le contenu minimal du DPA. Il doit mentionner l'objet et la durée du traitement, la nature et la finalité des opérations effectuées, le type de données traitées et les catégories de personnes concernées. Il doit également décrire les obligations et les droits du responsable du traitement, notamment le droit d'audit et d'inspection auprès du sous-traitant, et les conditions dans lesquelles le sous-traitant peut faire appel à un autre sous-traitant.

Sur le plan des clauses de sécurité, le DPA doit imposer au fournisseur la mise en oeuvre de mesures techniques et organisationnelles appropriées au sens de l'article 32 du RGPD. En pratique, cela se traduit par des engagements sur le chiffrement des données au repos et en transit, le contrôle des accès, la journalisation des opérations sensibles et la procédure de notification en cas de violation de données (délai de 72 heures vers la CNIL). Un DPA qui ne contient pas ces clauses de sécurité est un DPA incomplet.

La clause de suppression ou de restitution des données à l'issue du contrat est souvent négligée. Elle doit préciser le délai dans lequel le fournisseur effacera les données, le format de restitution si vous demandez une exportation, et la confirmation écrite de la suppression. Pour une data room utilisée dans un contexte M&A, cette clause est particulièrement importante : les documents déposés contiennent des informations confidentielles qui ne doivent pas rester accessibles au fournisseur après la clôture de la transaction.

§ 05 · Sous-traitants ultérieurs

Les sous-traitants de votre data room

La quasi-totalité des fournisseurs de data room s'appuient sur des infrastructures cloud tierces pour l'hébergement des données, l'envoi d'emails transactionnels, les outils d'analyse d'audience ou les services d'authentification. Ces prestataires constituent les sous-traitants ultérieurs au sens du RGPD. L'article 28 exige que le sous-traitant (votre fournisseur de data room) n'ait recours à ces sous-traitants ultérieurs qu'avec votre autorisation préalable, écrite ou générale, et qu'il vous notifie tout changement prévu avec un délai suffisant pour vous permettre de vous y opposer.

En pratique, demandez au fournisseur sa liste de sous-traitants ultérieurs avant de signer. Cette liste doit être publique ou disponible sur demande, et vous devez vérifier que chaque sous-traitant opère dans l'EEE ou dispose de CCT valides. Les éléments clés à vérifier sont l'infrastructure d'hébergement (AWS eu-central-1, Azure Germany North, OVHcloud Strasbourg, par exemple), les outils d'envoi d'email (souvent Amazon SES ou SendGrid, avec configuration de région à vérifier) et les éventuels outils d'analytics (à désactiver ou à remplacer par des alternatives conformes si nécessaire).

Pour les équipes françaises, la question des sous-traitants prend une dimension supplémentaire dans le cadre de DORA. Depuis janvier 2025, les entités financières assujetties doivent tenir un registre des prestataires tiers d'importance critique, y compris leur chaîne de sous-traitement. Un fournisseur de data room qui ne publie pas sa liste de sous-traitants ou qui ne peut pas justifier la localisation de chaque sous-traitant devient de fait inutilisable pour une banque, une assurance ou un établissement de paiement soumis à DORA. Ce critère consolide l'avantage des fournisseurs européens transparents sur ce point.

§ 06 · Référence pour les équipes françaises

Papermark, la data room RGPD-native pour les équipes françaises

Papermark est la référence pour les équipes françaises qui cherchent une data room conforme au RGPD sans délai de mise en oeuvre. Son hébergement par défaut utilise la région AWS eu-central-1 (Francfort), ce qui place les données dans l'EEE sans configuration supplémentaire. Pour les projets qui exigent une infrastructure française, l'option d'auto-hébergement documentée permet un déploiement sur OVHcloud, Scaleway ou 3DS Outscale, éliminant tout sous-traitant tiers et simplifiant la conformité DORA pour les entités financières.

Sur le plan des garanties formelles, Papermark propose un DPA signable, une liste de sous-traitants publique et tenue à jour, une certification SOC 2 Type II et une certification ISO 27001. La conformité DORA est couverte via les certifications et l'option self-hosting, qui permet de mettre à zéro la dépendance à des tiers critiques. L'audit sécurité complet est disponible sur la page d'audit Papermark, qui détaille chiffrement, hébergement et contrôles d'accès point par point.

En termes de tarifs, Papermark propose un plan Free à 0 euro, un plan Pro à 24 euros par mois, un plan Business à 59 euros par mois et un plan Data Rooms à 99 euros par mois qui inclut les data rooms et les documents en nombre illimité pour 3 membres d'équipe. Un plan Entreprise sur devis couvre les besoins de personnalisation avancée, de SLA garanti et de gestionnaire de compte dédié. Voir le guide complet des tarifs data room pour une comparaison avec les autres fournisseurs.

§ 07 · Cas concret

Exemple concret : Sofiane Conseils SAS

Sofiane Conseils SAS est un cabinet de conseil en M&A de taille intermédiaire, basé à Lyon, qui accompagne des ETI françaises dans leurs opérations de cession et d'acquisition. En juin 2026, le cabinet ouvre une data room pour la cession d'un groupe industriel à un acquéreur potentiel dont les services juridiques sont établis à Munich.

Avant tout dépôt de document, l'associée en charge de la conformité pose trois questions à chaque fournisseur évalué. Le fournisseur peut-il fournir un DPA signé conforme à l'article 28 du RGPD ? Ses serveurs sont-ils localisés dans l'EEE ? Sa liste de sous-traitants est-elle publique et inclut-elle la localisation de chaque prestataire ? L'équipe écarte deux fournisseurs dont la liste de sous-traitants est incomplète ou dont l'hébergement inclut des régions américaines sans CCT documentées.

Le cabinet retient Papermark pour trois raisons précises : le DPA est signable en ligne en moins de vingt minutes, la liste de sous-traitants est publique et identifie AWS eu-central-1 (Francfort) comme région d'hébergement principale, et la certification SOC 2 Type II est disponible sur demande pour le délégué à la protection des données de l'acquéreur allemand. La data room est ouverte le jour même, les droits d'accès sont configurés en groupes (vendeur, conseil vendeur, acquéreur, conseil acquéreur), et les journaux d'audit sont exportés à la clôture de la transaction pour archivage probant.

§ 08 · Erreurs à éviter

Erreurs fréquentes en matière de RGPD et data rooms

Ouvrir la data room sans DPA signé

C'est l'erreur la plus courante. Le dépôt du premier document déclenche le traitement de données personnelles : sans DPA préalable, votre organisation viole l'article 28 du RGPD dès la première minute. Un fournisseur qui ne propose pas de DPA ou qui en retarde la signature ne doit pas être utilisé pour des données personnelles. La plupart des fournisseurs modernes proposent un DPA auto-signable depuis le portail client, ce qui n'est plus une contrainte opérationnelle.

Traiter l'hébergement dans l'EEE comme optionnel

Certaines équipes considèrent qu'un hébergement aux Etats-Unis assorti de CCT est équivalent à un hébergement en Europe. Sur le plan strictement juridique, les CCT permettent effectivement le transfert. En pratique, elles créent une obligation supplémentaire de réaliser une analyse d'impact sur le transfert (TIA) et d'évaluer la législation du pays tiers. Pour une PME ou un cabinet, cette analyse mobilise des ressources juridiques significatives. Un hébergement dans l'EEE élimine cette contrainte entièrement.

Ignorer la liste des sous-traitants ultérieurs

Signer un DPA sans vérifier les sous-traitants ne protège pas entièrement votre organisation. Si un sous-traitant de votre fournisseur héberge des données hors EEE sans CCT valides, votre responsabilité est engagée. Demandez systématiquement la liste complète des sous-traitants avant la signature, et vérifiez la localisation de chaque prestataire. Notez également que le fournisseur doit vous informer à l'avance de tout changement dans cette liste, avec un délai vous permettant de vous y opposer.

Ne pas exporter les journaux d'audit à la clôture

Le journal d'audit de la data room constitue une preuve de qui a accédé à quoi et à quelle heure pendant toute la durée de la transaction. Ces données sont essentielles en cas de litige post-transaction ou d'enquête réglementaire. Or, de nombreuses équipes ferment la data room sans exporter les journaux, puis se retrouvent dans l'incapacité de les produire après la résiliation du contrat. Prévoyez systématiquement une procédure d'export des journaux dans votre checklist de clôture.

§ 09 · Questions fréquentes

FAQ

01
Une data room doit-elle obligatoirement être hébergée en France pour être conforme au RGPD ?
Non. Le RGPD autorise le traitement des données dans tout l'Espace économique européen. Un hébergement en Allemagne ou en Irlande est aussi valide qu'un hébergement français, à condition que le fournisseur signe un DPA et tienne à jour la liste de ses sous-traitants. L'hébergement français simplifie la justification interne et évite tout risque lié aux transferts internationaux de données.
02
Qu'est-ce qu'un accord de traitement des données (DPA) ?
Un DPA est le contrat conclu entre le responsable du traitement (votre organisation) et le sous-traitant (le fournisseur de data room), conformément à l'article 28 du RGPD. Il définit la nature et la finalité du traitement, la durée, les mesures de sécurité, les droits d'audit et les conditions de suppression des données à l'issue du contrat. Sans DPA signé, votre data room n'est pas utilisable pour des données personnelles en contexte européen.
03
Que sont les clauses contractuelles types (CCT) et quand sont-elles nécessaires ?
Les CCT sont des contrats types approuvés par la Commission européenne pour encadrer le transfert de données vers des pays tiers, notamment les Etats-Unis. Elles sont nécessaires dès qu'un fournisseur ou l'un de ses sous-traitants héberge des données hors EEE. En pratique, si votre data room utilise AWS us-east-1 ou Azure East US, votre fournisseur doit proposer des CCT et vous devez réaliser une analyse d'impact sur le transfert (TIA).
04
Papermark est-elle qualifiée SecNumCloud ANSSI ?
Non. Papermark n'est pas qualifiée SecNumCloud, la certification française exigée pour certains projets publics et opérateurs d'importance vitale. Pour ces contextes, Oodrive et Docaposte sont les alternatives qualifiées. Pour les projets privés, PME en M&A, fonds, cabinets, la conformité RGPD et SOC 2 de Papermark est généralement suffisante.
05
Comment vérifier que mon fournisseur de data room respecte le RGPD ?
Vérifiez trois points concrets : la disponibilité d'un DPA signable en ligne ou sur demande, la liste publique des sous-traitants (infrastructure cloud, outils d'email, analytics), et la localisation des serveurs dans l'EEE. Demandez aussi le rapport d'audit SOC 2 et la certification ISO 27001 si votre secteur l'exige. Un fournisseur qui refuse de signer un DPA ou qui ne peut pas justifier son hébergement n'est pas utilisable dans un contexte RGPD.
06
Le RGPD s'applique-t-il aux données partagées avec des acheteurs non-européens dans une data room ?
Oui, dès lors que des données personnelles de personnes situées dans l'UE sont partagées via la data room, le RGPD s'applique quel que soit le destinataire. Si l'acheteur est établi aux Etats-Unis, le transfert de données personnelles vers cet acheteur nécessite un mécanisme de transfert adéquat (CCT, décision d'adéquation). La data room elle-même doit rester hébergée dans l'EEE ou disposer de CCT valides pour le sous-traitement de l'infrastructure.
En résumé

Trois vérifications avant d'ouvrir votre data room

Pour être conforme au RGPD, une data room doit satisfaire à trois conditions cumulatives : un DPA signé avant tout dépôt de document, un hébergement dans l'EEE ou des CCT valides pour les sous-traitants hors EEE, et une liste de sous-traitants publique et tenue à jour. Papermark satisfait à ces trois conditions avec un hébergement par défaut à Francfort, un DPA signable en ligne et une liste de sous-traitants publique. Pour les projets qui exigent la qualification SecNumCloud, Oodrive et Docaposte restent les alternatives françaises de référence. Comparez les fournisseurs dans le classement détaillé des data rooms en France.

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Article publié le 9 août 2026 · mis à jour le 16 août 2026 · auteur : salle virtuelle · pilier conformité RGPD.